Edito

SNPHPU : des mécontentements sur la gestion de la pénurie de vaccins contre l’hépatite B

PARIS, 4 juillet 2017 (APMnews) 

 

 L’instruction transmise sur la gestion de la pénurie de vaccins contre l’hépatite B soulève la désapprobation du Syndicat des pharmaciens praticiens hospitaliers et praticiens hospitaliers universitaires (SNPHPU), tandis que l’association SOS hépatites dénonce un rationnement qui n’est pas bon pour la santé publique.

 

Une instruction en date du 9 juin, diffusée jeudi 30 juin, a décrit comment les agences régionales de santé (ARS), les universités et organismes de formation, ainsi que les pharmacies à usage intérieur (PUI) doivent gérer la pénurie de vaccins adultes contre l’hépatite B pour immuniser les étudiants des professions médicales et paramédicales et les insuffisants rénaux.

 

Les vaccins Engerix B* 20 µg/1ml (GlaxoSmithKline) et HBVaxPro* 10 µg (MSD Vaccins), indiqués chez l’adulte, sont en rupture de stock en ville depuis janvier. Leur distribution est contingentée sur le marché hospitalier, rappelle-t-on (cf dépêche du 11/04/2017 à 16:18). HBVaxPro* 40 µg, indiqué chez les adultes dialysés ou en attente de dialyse, est également en rupture de stock.

 

L’instruction aux directeurs généraux des ARS signée le 7 juin par la direction générale de la santé (DGS) et la direction générale de l’offre de soins (DGOS) a pour but d’organiser les modalités de gestion des stocks d’Engerix B* destinés aux élèves et aux étudiants des professions médicales et paramédicales, afin qu’ils soient immunisés contre le virus de l’hépatite B pour la rentrée 2017-2018 et soient autorisés à effectuer leurs stages; et la limitation de la vente au détail au public du vaccin importé Fendrix B* 20µg/0,5 ml (GSK) aux insuffisants rénaux par les seules PUI autorisées à la rétrocession des établissements disposant d’un centre de dialyse.

 

Le SNPHPU dit "avoir pris connaissance avec surprise" de cette instruction.

 

"Les pharmaciens hospitaliers souhaitent bien sûr prendre toute leur part de responsabilité dans les politiques de santé publique, dont celles touchant à la prévention, mais pas dans n’importe quelles conditions, ce qui est le cas de la délivrance des vaccins contre l’hépatite B", indique son président à APMnews, le Pr Pascal Le Corre.

 

Le SNPHPU rapporte la désapprobation de nombreux collègues pharmaciens devant cette nouvelle contrainte -l’instruction confie à certaines PUI de référence la charge de gérer un stock spécifique de vaccins destinés notamment aux étudiants et aux élèves des instituts de formation, avec un bilan bimensuel des doses dispensées- qui s’ajoute à celle posée par l’instruction du 2 mars qui a mis en place une priorisation des patients, et un suivi des stocks, notamment.

 

"Malgré cela, le ministère persiste dans sa volonté de supprimer la marge de rétrocession fondée sur les coûts liés à la gestion des médicaments concernés", déplore le syndicat.

 

Il regrette vivement que les pharmaciens hospitaliers soient "toujours sollicités en dernier recours et sans concertation pour assurer les conséquences négatives de la mise en oeuvre de la politique sanitaire de l’Etat".

 

Le SNPHPU dénonce "l’absence de reconnaissance par la DGS et la DGOS de cette activité supplémentaire, non reconnue par une recette complémentaire comme le sont les autres rétrocessions de médicaments", soulignant que l’instruction prévoit "une sollicitation et une disponibilité des pharmaciens hospitaliers pour organiser un double circuit de délivrance des vaccins avec une gestion et un bilan très régulier" qui va être "très consommatrice de ressources humaines au sein des PUI, sans aucune compensation".

 

SOS hépatites dénonce un "dysfonctionnement global"

De son côté, l’association SOS hépatites estime que ce "rationnement n’est pas bon pour la santé publique", dans un communiqué diffusé mercredi.

 

Depuis mars, l’association a ouvert un observatoire et accompagne les personnes grâce à son numéro vert. Elle constate que des personnes prioritaires ont bénéficié de la mise en place du plan de gestion de la pénurie, mais que des difficultés persistent principalement pour des personnes pourtant prioritaires car présentant des risques de contracter l’hépatite B (personnes vivant avec des porteurs chroniques de la maladie, personnes ayant des relations sexuelles avec partenaires multiples, usagers de drogue par voie intraveineuse).

 

Malgré toutes les mesures alternatives prises, "tous les signaux sont donc au rouge pour une augmentation des nouvelles contaminations à venir, d’autant plus que le rattrapage vaccinal des adolescents continue d’être sacrifié sur l’autel de la pénurie", estime SOS hépatites.

 

Elle dénonce "un dysfonctionnement global de la régulation de notre système de santé qui peut brutalement mettre à mal des années d’efforts en santé publique".

 

Elle demande que la politique volontariste d’obligation vaccinale, annoncée par la ministre des solidarités et de la santé, soit accompagnée d’une évaluation et d’un renforcement de la législation en vigueur, notamment du décret du 20 juillet 2016 relatif à la lutte contre les ruptures d’approvisionnement de médicaments.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Article rédigé le
22/05/2017
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