L´absence, jusqu´à la fin du XVe siècle, d´une apothicairerie au sein de l´Hôtel-Dieu à Paris, qui abritait des malades depuis plus de six siècles, peut étonner à plus d´un titre.
Déjà, dans les treize canons de la discipline, adoptés vers 350, sous le pontificat de JULES Ier, au concile de Carthage, il fut proscrit d´exercer les deux professions que sont la foi et la pharmacie :
" Ipsis non liceat clericos nostros eligere apothecarios (1). "
Au VIe siècle, le pape PELAGE II renchérissait :
" Ut clerici apothecarii non ordinentur...(2) ".
En 1139, le pape INNOCENT III interdit même aux prêtres de préparer ou dispenser des médicaments.
Certes, les règles ainsi édictées furent, selon les ordres religieux, plus ou moins bien respectées, mais une rupture officielle entre l´Eglise et la pharmacie fut confirmée à l´issue du concile de Latran IV, en 1215.
Sous d´autres latitudes, en particulier au Moyen-Orient, de Bagdad à Damas, au Caire et à Alexandrie, une apothicairerie avait déjà été attachée à l´hôpital.
Il est vrai que la médecine et la pharmacie arabes avaient connu un développement considérable.
François Chast.
(1) Qu´il ne soit pas permis aux mêmes d´être clercs et apothicaires.
(2) Afin que les apothicaires ne puissent être ordonnés.