Edito

Messieurs les Présidents,

Cher(e)s collègues, cher(e)s ami(e)s,

 

Nous avons sollicité le Ministre de la santé, Mr Olivier Véran, pour une intervention aux journées CSH, par courrier il nous a manifesté son grand intérêt pour nos journées mais ne pouvant se libérer il a tenu à nous adresser un court message que je vous propose d'écouter Cliquez ici

 

Il semble porter un grand intérêt aux pharmaciens hospitaliers et reconnaît notre rôle dans la crise Covid. Mieux vaut tard que jamais, il est vrai que nous lui avons adressé quelques courriers assez directs en avril et en mai dernier pour lui faire part de nos commentaires et suggestions sur les organisations mises en place dont nous avons discuté hier lors de différentes sessions " COVID-19 : RETEX de la vague 2020 ".  Organisations qui ne prenaient pas assez en compte l'expertise des pharmaciens hospitaliers dans le domaine des approvisionnements.

 

Effectivement, comme l'indique Mr Le Ministre, il faut un RETEX sur les tensions d'approvisionnement en période de crise. Une note de synthèse SFPC / SNPHPU " Retour d'expérience sur les tensions en produits pharmaceutiques pendant la crise sanitaire " a été adressée avant hier à la DGS pour remonter au ministre. Nous espérons qu'il en fera bon usage.

 

Je ne reviendrai pas sur les problématiques posées qui ont été abordées lors de notre réunion d'informations professionnelles et dans les sessions hier, en particulier lors de la session réanimateur-pharmaciens. Les problèmes sont au niveau national au niveau des achats, de la logistique d'approvisionnement et également au niveau régional pour la définition des besoins.

 

Dans certaines régions, les approvisionnements des ETS ont été assez erratiques (tant sur le plan qualitatif que quantitatif) mais il faut noter que lorsque les ARS se sont reposées sur l'expertise des pharmaciens hospitaliers de PUI en matière de définitions des besoins, les répartitions ont été adaptées. Je sais que cela a été le cas de l'ARS Pays de Loire qui s'est reposée sur l'expertise et les recommandations des PUI des ETS supports eux-mêmes en lien avec les collègues des PUI des ETS publics et privés.

Qu'on se le dise …. il n'est pas interdit de faire confiance à l'expertise des pharmaciens hospitaliers des PUI, entre autre en matière d'approvisionnement.

 

- Ces problématiques d'approvisionnement en période aigue de COVID ont peut-être fait un peu d'ombre au rapport J Biot intitulé " MISSION STRATEGIQUE VISANT A REDUIRE LES PENURIES DE MEDICAMENTS ESSENTIELS " remis au 1er Ministre le 18 juin 2020.

Enième rapport sur le sujet après ceux de l'Académie Nationale de Pharmacie et d'une commission du Sénat. Ce rapport qui a abouti à 13 recommandations.

 

Plusieurs d'entre elles nous concernent de près (recommandation n°10-12) en lien avec les achats hospitaliers qui sont trop concentrés et participent à ces pénuries. Il est suggéré de mettre en place un dispositif réglementaire adapté pour les appels d'offres hospitaliers, afin d'imposer aux acheteurs un processus d'achat stratégique favorisant la diversité et la fiabilité des fournisseurs (politique de marché à volumes fermes et prévisibles, AO multi-attributaires et partage effectif …).

 

On va donc reparler d'achats hospitaliers …. Et j'ai l'impression qu'on va avoir droit à une autre part de PHARE.

La rapport Biot fait état de l'organisation CIVICA (https://civicarx.org) société américaine à but non lucratif de type centrale d'achat qui fait le lien entre industriels (génériques) et ETS a développé un modèle d'achat collectif avec engagement ferme et pluriannuel de volume des molécules achetées (ancienneté 2 ans, 40 médicaments sous contrat, 11 M de flacons vendus pour environ 3 millions de patients, 1000 hôpitaux : Mayo Clinic ….).

Ce modèle est – dixit le rapport Biot – " réputé plus fiable, prédictif et efficient, que celui pratiqué par les centrales d'achat françaises " …. Ce modèle est à analyser de manière fine et le cas échant à adapter.

 

- Les concertations du Ségur de la Santé qui avaient été lancées au printemps, ont concerné quatre piliers :

Pilier n°1 : Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent ;

Pilier n°2 : Définir une nouvelle politique d'investissement et de financement au service des soins ;

Pilier n°3 : Simplifier radicalement les organisations et le quotidien des équipes ;

Pilier n°4 : Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers.

 

Ces concertations du Ségur de la Santé ont été organisées avec des contributions (réunions, écrites…), des retours d'expériences territoriaux (ARS), consultation citoyenne par le CESE tout cela avec pilotage par Mme Nicole Notat (animatrice du Comité Ségur national).

Calendrier de réunions proposées totalement " hors sol " compte tenu de la densité des réunions et du planning non anticipé (visio +/- fonctionnelles). Lors de cette consultation il y a eu une dépense d'énergie importante qui a dû avoir un impact négatif sur le réchauffement climatique … mais quel bilan in fine ??

 

Les accords signés le 13 juillet sont intitulés " refonder le service public hospitalier : revaloriser les rémunérations et les carrières – transformer les environnements de l'exercice médical ".

Ces accords ont été signés avec les syndicats majoritaires (par la CMH et le SNAM-HP regroupés au sein d'Alliance Hôpital et par la FHF). Un comité de suivi associant les signataires a été mis en place, il a été installé le 18 septembre et une 1ere réunion a eu lieu ce mercredi 23 septembre (ensuite tous les trimestres) et Norbert Skurnik et Jean Pierre Pruvo vont nous en faire un retour.

 

Ces accords comportent 18 mesures regroupées en 3 axes, certaines de ces mesures issues de la Santé 2022 et de la loi OTSS du 24 juillet 2019 (organisation et transformation du système de santé).

 

** le 1er axe correspond à la revalorisation des carrières et rémunérations (améliorer l'attractivité, mesures 1 à 4) : cela inclut entre autre la revalorisation de IESPE et la création de 3 échelons supplémentaires bien valorisés.

 

MA Santé 2022 avait abouti à la suppression de 3 échelons ce qui n'est pas sans poser problème. En effet il y a des effets inadmissibles au niveau du reclassement des praticiens actuels car seule l'ancienneté dans l'échelon est prise en compte dans le reclassement et non pas l'intégralité de l'ancienneté dans la carrière. Il y a là une nécessité d'harmonisation des grilles comme cela a été fait antérieurement.

 

Un autre élément de valorisation proposé est la prime d'intéressement collectif en lien avec une démarche d'amélioration continue de la qualité pour le patient et de la pertinence.

 

** le second axe correspond au " développement et la valorisation des compétences tout au long de la carrière " (mesures 5 à 13).

Parmi ces mesures on trouve la reconnaissance au niveau des tableaux de service des activités non cliniques (e.g., des fonctions institutionnelles, valences recherche, valences enseignement, gestion de projets …) avec une valorisation financière possible pour fonctions institutionnelles.

Une autre proposition intéressante est de rénover et de renforcer le système de financement de la formation médicale continue et du DPC (et également une simplification du DPC)

La création par le CNG de viviers de compétences pour des missions d'appui est proposée.

Il y a aussi la possibilité de valoriser les remplacements ponctuels des praticiens au sein d'un GHT (en temps de travail additionnel, au-delà des obligations de service, modalités de financement particulières).

** le 3ème axe concerne la " Qualité de vie au travail comme priorité de la politique RH " (mesures 14-16)

 

Le point le plus intéressant est peut-être de garantir le bon fonctionnement des commissions régionales paritaires (CRP), dont une harmonisation de leur fonctionnement, et qui sera à voir avec les ARS.

Pour nombre des mesures proposées il faut voir comment elles seront déclinées et comment seront conduites les négociations dans le cadre du comité de suivi.

Il faut noter qu'il n'y a pas de mesures dans le Ségur pour les personnels hospitalo-unversitaires (HU) mais tout ce qui concerne les personnels HU implique le MESRI qui n'était pas signataire du Ségur. Toutefois, des engagements ont été pris sur le ré-échelonnement de la grille hospitalière des émoluments hospitaliers et sur le dispositif d'abondement à la retraite.

 

Concernant le bilan du Ségur de la santé :

Rien de positif au niveau des attentes concernant la simplification des organisations (gouvernance ... on ne change rien) et du financement des soins.

Mais au niveau de la revalorisation des carrières et rémunérations, il faut reconnaître que ce qui a été négocié et obtenu est non négligeable.

Au niveau du développement et la valorisation des compétences, il faut attendre et voir selon ce qui sera obtenu au niveau des groupes de travail qui seront mis en place.

 

- Je souhaiterai aborder l'évaluation les activités de pharmacie hospitalière par nos tutelles, évaluation dite d'Unité d'œuvre (UO) qui est actuellement pour le moins modeste dans sa méthodologie. Je vous renvoie au retraitement comptable de l'ATIH, à la base d'Angers ou la SAE – Statistique Annuelle des ETS.

 Il y a eu une initiative ancienne de la profession, coordonnée par la SFPC, mais qui n'avait pas trouvé de mise en application effective au niveau de la profession compte tenu de la difficulté pour les équipes de collecter les données.

 Toutefois, des travaux récents ont été réalisés pour l'UO de stérilisation avec une granularité assez fine qui semble donner satisfaction à la profession pour évaluer cette activité.

 

Pour ces raisons, au printemps-été 2020, l'ANAP a sollicité les syndicats de pharmaciens d'hôpitaux et sociétés savantes de pharmacie pour avancer sur une meilleure définition de l'UO de pharmacie hospitalière. Les travaux ont abouti à une grille d'indicateurs assez nombreux (trop nombreux) … dont le recueil ne va pas être automatisable à ce jour.

L'ANAP lance un appel à candidature pour tester la grille "Unité d'Œuvre " de pharmacie hospitalière qui a été proposée, nous avons relayé l'information via le site SNPHPU et par mail.

Il faudrait qu'il y ait des participants de tous types de structure …. La dead-line est assez courte pour la candidature (le 5 octobre, je sais qu'il y a déjà des collègues qui ont candidaté et je les en remercie vivement).

 

- Le sujet a été évoqué hier en réunion d'informations professionnelles mais je voulais l'aborder de nouveau car c'est un point important, en particulier pour les internes.

La loi du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé a ratifié l'ordonnance n° 2017-49 du 19 janvier 2017 avec une exclusion des internes (étudiants en formation initiale) de tout financement.

 

A l'issue du congrès de Marseille 2019, le SNPHPU avait pris l'initiative d'un courrier aux deux ministres de tutelle (courrier co-signé par les différents syndicats professionnels et société savantes pharmaceutiques - 4 novembre 2019) pour souligner ce problème majeur pour nos internes et que cela aurait un impact délétère pour leur formation puisque la participation aux sessions scientifiques/professionnelles des congrès que nous organisons contribue à leur formation et constitue une opportunité de présentation de leurs travaux.

 

Nous nous réjouissons des textes pris en application de 2020  qui permettent que nos internes puissent de nouveau participer de manière active à nos journées (poster – tables rondes), échanger avec les seniors ; les échanges avec les forces vives de demain sont essentielles pour une profession. 

Toutefois, comme indiqué hier en réunion d'informations professionnelles les possibilités de prise en charge des internes est partielle car elle ne peut concerner l'acheminement et le séjour.

Je voulais en profiter pour remercier par avance nos amis industriels qui vont pouvoir aider à une prise en charge des internes qui souhaiterons participer de manière active aux futurs congrès, dont les CSH….

 

- L'année dernière à Marseille, nous avions eu une table ronde sur " l'évolution des métiers de la pharmacie hospitalière " et nous y avions abordé la prescription pharmaceutique, ses avantages et l'intérêt pour notre profession ; avec des avis partagés selon les intervenants de la table ronde.

Nous allons réaliser une enquête plus large et détaillée auprès de la profession afin de recueillir plus précisément vos avis/suggestions sur ce sujet.

 

- Pour terminer, je voudrais au nom de toutes et tous, apporter notre salut très amical à Marie-Hélène Bertocchio qui a cessé ses missions syndicales cette année mais qui n'a malheureusement pas pu nous rejoindre à Nantes.

Vous savez qu'elle a été la trésorière de votre syndicat pendant de nombreuses années avant de passer la main à Nicolas Coste et qu'elle a été une voix très tonique au sein de notre conseil d'administration, en particulier avec sa formation de juriste dont ont pu bénéficier plusieurs de nos collègues.

Elle a été une ardente défenseur des missions et de l'indépendance du pharmacien, pour qui le droit des produits de santé, donc la sécurité passe avant toute organisation hospitalière, organisation hospitalière définie par la direction de nos ETS dont la lecture du CSP est souvent pour le moins partisane.

Merci de l'applaudir.