Edito

De l’urgence sanitaire à la déstructuration de l’exercice professionnel

 

En quelques semaines le harcèlement textuel à l’emporte-pièce  l’emporte sur la raison et entraîne une confusion et une contre production en matière de santé publique. Cette profusion de textes se trouvant le plus souvent en contradiction avec le corpus réglementaire qui encadre la pharmacie à usage intérieur (PUI) et ses pharmaciens, sous couvert d’urgence sanitaire et de besoin de démultiplier les capacités de vaccination contre le virus SARSCoV2.  Il ne s’agit même pas ici de parler des MARS, avis et autres diffusions. Surgissant de toutes parts ces textes ne font qu’alimenter une fragilisation juridique de la profession au motif de rechercher un assouplissement maximum pour faire face à la crise sanitaire.

Le décret n°2021-384 du 2 avril introduit ainsi une mesure dérogatoire éloquente par son 5 bis : « V bis. – Par dérogation aux articles L. 5125-2, R. 5126-2 à R. 5126-5 du code de la santé publique, les personnes exerçant la profession de pharmacien conformément aux dispositions des articles L. 4221-1 et suivants du code de la santé publique, quel que soit le tableau auquel ils sont inscrits, y compris les retraités, à l’exception des pharmaciens titulaires d’officine, peuvent exercer au sein d’une pharmacie à usage intérieur d’un établissement mentionné au 1o de l’article R. 5126-1, pour les besoins de la campagne de vaccination prévue au présent article ».

Le DES de pharmacie hospitalière autorisant un exercice en PUI est ainsi une nouvelle fois écorché, et dénote une totale méconnaissance du terrain et n’apporte en rien un soutien à la gestion de la crise sanitaire en matière de vaccination.  Il aurait été plus intéressant et efficace de permettre aux PUI support de la chaine d’approvisionnement et de délivrance des vaccins de pouvoir recourir à des renforts, par exemple, de type préparateurs en pharmacie hospitalière.  A noter également la dérogation mentionnée au III du même décret sous couvert de simplification : « Par dérogation au II de l’article R. 5126-32 du code de la santé publique, l’exercice par une pharmacie à usage intérieur d’une nouvelle mission ou la modification des locaux affectés à ses activités pour les besoins de la campagne de vaccination fait l’objet d’une déclaration préalable dans les conditions prévues au I du même article ».

 

Nous regrettons vivement que l’avis du SNPHPU n’ai pas été requis, nous aurions pu expliquer en quoi ces dérogations incohérentes ne correspondent à aucune réponse susceptible d’être efficace.

 

Faut-il également parler du décret n°2021-325 du 26 mars 2021 qui autorise les pharmaciens de PUI à vacciner ? Pourquoi pas, mais en dehors de la PUI (centre de vaccination) où ils sont sensés exercer. Faut-il relever dans l’arrêté du 26 mars (texte 20 du JO du 27 mars) que les émoluments des pharmaciens pour la vaccination  sont inférieurs à ceux des étudiants en médecine en pharmacie ?

Assez des mesures à l’emporte-pièce qui viennent perturber le fonctionnement de nos PUI et déstructurer nos organisations sous couvert de l’urgence sanitaire.

Assez de l’absence de concertation des représentants de la profession.

Assez du non-respect grandissant des pharmaciens hospitaliers de terrain (Autorisés pour exercer en PUI au sens de l’ Article R5126-2 et du Décret n° 2019-489 du 21 mai 2019 relatif aux pharmacies à usage intérieur) à qui l’on veut imposer par des textes des fonctionnements qui vont à l’encontre même du droit existant régissant nos missions (logistique des vaccins à titre d’exemple)

Assez du harcèlement textuel, démontrant la méconnaissance des règlementations existantes par nos gouvernants, allant jusqu’à défaire ce qui peu était construit et ordonné :

  • D.E.S. et autorisation d’exercice en PUI
  • Administration des soins sans qualification
  • Exercice en dehors des PUI
  • Gestion et approvisionnement des stocks de médicaments par l’état (Ma PUI comme exemple, projet de centralisation des stocks par la DGOS…)

Assez d’une gestion des stocks de médicaments et matériels stériles improvisée.

Il est temps de laisser faire les professionnels de santé dans leur métier et encore plus le pharmacien qui est investi au cœur du dispositif vaccinal depuis le début de la campagne de vaccination.

Les PUI ont besoin d’une véritable reconnaissance pas d’œuvre de déstructuration.

 

Le SNPHPU

 

Agenda

Article rédigé le
09/10/2019
Les prochaines Rencontres CSH se dérouleront du 13 au 16 septembre 2022 au Palais Neptune de Toulon.  + d'info cliquez ici  ...
En savoir +